Quête et Eucharistie

Dès le début du christianisme, il est entendu que ceux qui participent à l’Eucharistie apportent, chacun selon ce qu’il peut, des biens divers susceptibles d’être, après la célébration, partagés entre tous.

La communion sacramentelle au Corps et au Sang du Christ doit se traduire dans un échange fraternel entre les membres. La collecte que l’Apôtre Paul organise auprès des Eglises qu’il a fondées chez les païens et dont il apporte le produit à l’Eglise de Jérusalem, gage de partage de la même foi et de reconnaissance pour le don qu’est cette foi, concrète, à l’échelle de l’Eglise entière, ce qui se vit entre les membres d’une même communauté locale.

Progressivement, ces dons sont associés au pain et au vin qui sont la matière de l’Eucharistie. L’Eucharistie est action de grâce pour le grand don du Christ que le Père fait gracieusement aux hommes pécheurs ; elle est aussi sacrifice : l’Eglise est rendue capable d’offrir au Père quelque chose qui lui plaise. L’Eglise offre avant tout Jésus lui-même et, par lui, avec lui et en lui, chaque baptisé est offert et s’offre lui-même pour devenir « une éternelle louange à la gloire » du Père (Prière eucharistique III), ou « une vivante offrande à la louange » de sa gloire (Prière eucharistique IV). L’offrande que chacun fait de lui-même est symbolisée par l’apport d’une partie minime de son travail. L’Eucharistie n’est pas mesurée par la grandeur des offrandes humaines, mais elle n’a toute sa fécondité que si les hommes entrent dans le mouvement de don de soi qui est celui de Jésus et qui fut condensé dans l’acte de la Croix.

La quête au cours de la Messe n’est donc pas seulement un moyen commode de collecter les fonds nécessaires au fonctionnement de l’Eglise dans ses diverses activités, elle est un acte pleinement liturgique : « Il est bien, note la Présentation générale du missel romain, que la participation des fidèles se manifeste par l’oblation soit du pain et du vin pour la célébration eucharistique, soit d’autres dons destinés à subvenir aux besoins de l’Eglise et des pauvres » (n.101). Les ressources qui rendent possible l’activité de l’Eglise proviennent du mouvement intérieur par lequel les fidèles s’associent en toute leur vie à l’offrande que le Christ fait de lui-même au Père pour ses frères. Chacun qui participe à la quête consent que sa vie, dans son unité et la variété de ses actes, contribue non pas d’abord à son bien propre mais à la gloire de Dieu et au salut du monde. C’est pourquoi toute Messe dominicale doit comporter une quête. C’est pourquoi aussi la quête ne sert pas toujours aux besoins immédiats de telle communauté mais à des besoins plus larges de l’Eglise particulière (le diocèse) ou universelle.

 La quête dominicale.